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MALROUVE de Ludovic Careau |
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Malrouve II, chapitre 9Posté à 01:18 le 14/3/2010
Natacha savait la douleur que l’on pouvait ressentir dans ces moments là et se contenta de le prendre délicatement par le bras et de le tirer vers elle. - Eh ! Allez, venez ! Dit-elle d’une voix qui se voulait douce. – On ne pleut plus rien pour lui. Louis se résigna. - Rien ne meurt ici. Dit-il d’une voix éteinte. - Que dites-vous ? - Souvenez-vous, Jean-René nous l'avait confié : ce domaine a une mémoire… Et tous deux levèrent la tête et se contentèrent d'observer l’énorme géode bleutée, aux mille reflets, qui flottait au-dessus d‘eux. La Matrice avait repris de la vigueur et paraissait doubler de volume. - On dirait que le Chaos est en train de perdre du terrain. Fit remarquer Gordien, satisfaite. – Les Ladres se sont carapatés et l’Encre Ténébreuse n'a toujours pas montré le bout de son museau. - Ce n’est peut-être qu’une ruse. Finit par admettre Louis. - Une retraite déguisée afin de mieux contre-attaquer… Malrouve II, chapitre 9Posté à 01:02 le 13/3/2010
Un miracle ! Pensa-t-il tout en exultant de joie. Sans le savoir, Natacha avait instinctivement opté pour la stratégie d'attaque qui lui parut être la plus viable. La Main Verte ou ce qui avait été auparavant un être humain, était le berger et l'âme de ces infortunés lépreux. Une fois ce dernier en réelle difficulté, la meute sanguinaire ne semblait plus être en mesure de faire la redoutable démonstration de son efficacité. Ainsi, la créature encapuchonnée était devenue une véritable torche humaine qui s’agitait et gigotait avec frénésie. Incandescente, elle finit par s’éloigner et gagner la rive du ruisseau putride pour s’y jeter à corps perdu. Louis se lança à sa poursuite et atteignit le bord de ce lit dans le creux duquel stagnait une eau trouble et saumâtre. Flottant à sa surface adipeuse, il ne put entrevoir qu’un sommaire crépitement de flammèches dévorant les restes d'une vague silhouette brunâtre. Visiblement, la Main Verte n’était plus et l’esprit torturé de son vieil ami pouvait, dès à présent, reposer en paix. Il eut une pensée pour lui et ressentit un profond sentiment de pitié à son égard. Mais il comprit bien vite qu’il n’aurait rien pu faire pour le sauver de cette folie qui avait fini par le consumer entièrement. Malrouve lui avait toujours appartenu comme lui avait toujours appartenu à ce domaine. Son corps reposait à présent dans les méandres de ses profondeurs incertaines. <- Précédent | Suivant -> |
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