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PEDAGOGIE ET INNOVATION - Posté à 09:45 le 22/7/2014 par Frayssinhes

PÉDAGOGIE ET INNOVATION

 

Depuis deux décennies, le terme « innovation » fait flores. De plus en plus de produits ou de techniques se prétendent « innovantes » alors qu’ils ne sont souvent que des gadgets  anecdotiques, d’une importance secondaire, parfois même sans grand intérêt technologique. Dans le domaine de la pédagogie, le terme « innovation », est souvent proféré telle une injonction. Il faut à tout prix innover en pédagogie sous peine d’être has been, totalement ringardisé dans un monde numérique développé ! Ainsi, depuis 2005 on a vu apparaître en région les CARDIE (cellule académique recherche innovation et expérimentation) et au niveau national le DRDIE (Département recherche-développement innovation et expérimentation). L’enseignement supérieur n’est pas en reste, écoles et universités doivent « innover » pour rester dans le peloton de tête des classements internationaux, sans oublier les centres de formation qui veulent se démarquer positivement par rapport à leurs concurrents. Mais de quoi parle-t-on ? Qu’est-ce que l’innovation ? Qu’est-ce qu’innover en pédagogie ?

Innover est un terme polysémique dont il est difficile de s’accorder sur une définition univoque. Nous allons interroger l’innovation sous différents aspects, afin de démêler les fils de cet écheveau dans l’espoir d’y voir plus clair.

Etymologie et définitions

 

Issu du latin innovare « renouveler », de novare « renouveler; inventer, forger; changer, innover ». Innover veut dire : « Introduire du neuf dans quelque chose qui a un caractère bien établi »[1] Il s’agit donc d’ajouter une nouveauté dans quelque chose d’existant, qui a déjà été utilisé, qui a fait ses preuves, qui a montré son intérêt, qui est reconnu comme tel. Ce serait donc une évolution de quelque chose qui existe.

Selon l’observatoire des innovations de la cité des sciences, innover c’est “intégrer le meilleur des connaissances dans un produit ou service créatif qui permet d’aller plus loin dans la satisfaction des individus.” Il ajoute que innover, c'est réussir le pari de lancer de nouveaux produits (l'iPod, la voiture hybride...), de nouveaux services (le Wi-Fi, le paiement par mobile...) ou de nouvelles sources de matière première ou d'énergie (plastiques recyclés, géothermie...)[2]. Nous entrons ici dans une dimension utilitariste où l’on ajoute des connaissances techniques nouvelles à des objets ou produits afin d’obtenir une plus grande satisfaction de ses utilisateurs.

Ils indiquent en outre qu’il peut s’agir aussi de nouveaux modes d'organisation (le flux tendu...), de nouvelles méthodes (la vente en ligne...) et procédés (la cuisson sous vide...). Ainsi, innover c’est refaire du neuf avec du « vieux » qui a été amélioré (l’Ipod par rapport au portable), revu et corrigé (la voiture hybride moins vorace en carburant, le paiement par mobile au lieu du lecteur de carte), réutilisé (plastiques recyclés plus économiques, géothermie plus écologique etc..). Dans ces exemples, il s’agirait d’innovations incrémentales qui ne bouleversent pas l’existant ni les conditions d'usage, en apportant une simple amélioration, une meilleure utilisabilité, comme la 4G par rapport à la 3G pour le téléphone portable (ibid.), ou le four à micro-ondes par rapport au four traditionnel.

A l’autre bout du spectre, on distingue les innovations de rupture, qui font table rase de l’existant pour le remplacer par quelque chose de totalement inédit, qui modifie profondément les conditions de vie des individus, et/ou qui s'accompagne d'un bouleversement technologique avec une influence sur les modalités d’utilisation. Exemple, le passage de la Cassette VHS au DVD.(ibid.)

Toujours d’après la cité des sciences, l'innovation se distingue de l'invention ou de la découverte en ce sens qu'elle suppose un processus de mise en pratique, aboutissant à une utilisation effective. Ainsi donc, une « invention » qui est suivie d’un processus de fabrication pour satisfaire les besoins de la clientèle d’un marché ciblé qui débouche sur son utilisation est qualifiée « d’invention ». En revanche, une « invention » qui ne trouve pas son marché, et qui donc ne sera ni fabriquée, ni commercialisée, et donc pas utilisée, n’est pas le statut « d’innovation » mais seulement « d’invention ».

Interrogation Économique

 

A l’origine, l'innovation est un concept économique qui recouvre l'ensemble des activités micro-économiques marchandes des entreprises de production, de prestations de service et de distribution dédiées à la mise sur le marché mondial de nouveautés, de produits et de services nouveaux ou significativement améliorés, offrant ainsi une meilleure efficacité et une plus grande efficience. C’est Schumpeter (1912) qui le premier y fit référence. Pour cet auteur l’innovation est au cœur de la dynamique du capitalisme car elle est le moteur de la croissance économique. Mais pour lui, une innovation va bien au-delà du simple aspect technique.

 

Il classe les innovations sous deux formes :

1/ Les innovations radicales, c’est-à-dire décisives, majeures, source de révolution industrielles qui vont permettre à toute une foule d'innovations incrémentales (secondaires, mineures) d’exister,

            2/ Les innovations incrémentales par contre sont micro-économiques (mécanisation de l’industrie textile, téléviseurs…) améliorent la productivité entre deux cycles, permettent d’élargir la gamme des produits proposés ou portent sur des biens intermédiaires.

Il distingue en outre cinq types d’innovations:

- procédés de fabrication nouveaux : Nouvelles méthodes de production ou de transport

- innovations de produits : Autrement dit des produits nouveaux qui accroissent la diversité et se traduisent par une amélioration qualitative.

- innovations dans l’organisation : L’invention de la société anonyme ou du trust, le monopole.

- innovations de marchés : Nouvelles méthodes de commercialisation et de distribution.

- innovations dans les sources d’approvisionnement des matières premières ou d’énergies : pétrole, uranium

Ainsi donc, deux tendances émergent dans le domaine de l’innovation. La première tendance envisage l’innovation sous une forme mineure : l’incrémentale, la seconde sous une forme majeure : dite radicale ou de rupture.

Selon nous, les innovations incrémentales représentent la majorité des innovations dont les univers médiatiques se font l’écho au quotidien, et ne sont souvent que des pseudos innovations, c’est-à-dire des améliorations d’un existant déjà connu. Cela est dû à la courbe de vie des produits qui est tellement courte, car l’offre est très supérieure à la demande, qu’il faut impérativement proposer des nouveautés aux consommateurs. C’est vital pour les entreprises.

Dans ce cas-là, l’innovation se réduit à la diffusion commerciale des inventions.

La seule « vraie » innovation, concerne l’innovation de rupture, qui peut avoir une incidence macro-économique dès lors qu’elle rencontre son marché. « L’innovation de rupture devient la clé de la compétitivité » (Devalan, 2006). Ainsi, il devient indispensable de remplacer l’innovation incrémentale, qui, à l’heure des bouleversements technologiques du 21ème siècle, donne à penser que Tout est innovation, par de l’innovation radicale, qui remet en cause les acquis. L’innovation radicale caractérisée par une augmentation de la complexité et de l’incertitude, implique :

- La création de nouveaux dispositifs socio-organisationnels, tels que des réseaux ;

- L’élargissement du concept de projet au concept d’activité à projet, de portefeuille de projets

- L’adaptation de systèmes de management de projet « ad hoc » ou « contingents » ;

- La rupture avec des modes d’évaluation classique.

Les seules « vraies » innovations ne concernent que celles qui sont en totale rupture avec l’existant, qui changent totalement notre paradigme de pensée et d’action. L’aéronautique a été une véritable innovation de rupture par rapport aux modes de transports terrestres qui étaient les seuls existants (chemin de fer, automobile). Pour nous, « innover » veut dire changer radicalement de paradigme, en sortant de ce qui est connu pour investiguer l’inconnu et le rendre possible et accessible. L’innovation radicale demande la création d’un ensemble de caractéristiques inusités et de compétences à acquérir pour que cela fonctionne (ex :Les centrales nucléaires).

Innovation et Éducation

 

Qu’en est-il dans le milieu de l’éducation ? “ Pour Philippe Mérieux, « Innover, c'est inventer des modèles et des outils pour résoudre des problèmes qui émergent dans une ambition éducative »[3]. Pour lui, innover nécessite d’avoir une ambition éducative, et l'innovation naît de l'émergence des difficultés rencontrées qui sont extériorisées en tant qu’obstacles. Cela devient un problème qui devra trouver une solution. Enfin, pour Philippe Mérieux, « il n’y a pas d’innovation véritable sans invention de modèles et d’outils ; et cette d’invention suppose la reconnaissance des contradictions fondatrices de l'acte éducatif. » (Ex : principe d’homogénéité/d’hétérogénéité, principe d’éducabilité/liberté, etc) (ibid.). On ne fait pas ici une différenciation entre les innovations mineures (incrémentales) et majeures (de rupture). L’innovation pédagogique doit consister à créer de nouveaux modèles pédagogiques afin de résoudre des problèmes rencontrés pour atteindre l’ambition éducative que l’on s’est fixé.

D’après le CNIRE (Conseil National de l’Innovation pour la Réussite Educative), une pratique innovante est une action pédagogique caractérisée par l’attention soutenue portée aux élèves, au développement de leur bien-être, et à la qualité des apprentissages.[4] Une pratique innovante doit s’appuyer sur la créativité des personnels qui partagent la même ambition et la font partager à tous les élèves. Elle repose sur une méthodologie de conduite du changement. Mais tout changement est-il obligatoirement innovant ?

En pédagogie, comme dans d’autres domaines, il n’existe pas une solution universelle aux problèmes de l’éducation. L’innovation pédagogique concerne les caractéristiques techniques des outils, celles plus fonctionnelles de l’institution ou de l’organisation, et celles du comportement des individus ayant une activité en situation (Albéro, Linard et Robin, 2008).

Apprendre sur les réseaux numériques et innovation

 

Depuis des millénaires, l’apprentissage présentiel est basé sur la transmission du savoir du maître à l’élève. Le maître est au centre du processus, et les élèves doivent s’adapter. Dans le concept de FOAD, c’est l’élève qui est au centre du processus (Jaillet 2004), ce qui permet d’individualiser le parcours de formation en prenant en compte la singularité des sujets (Frayssinhes 2012). Le maître (qui n’en est plus un) doit s’adapter à l’élève, et devenir un accompagnateur/tuteur/médiateur des apprentissages. Nous sommes passé du modèle « transmissif » du présentiel au modèle « appropriatif » dans le concept de FOAD. Ce changement paradigmatique est une véritable innovation de rupture avec le modèle présentiel.

Le blended-learning pour sa part, cumule les modalités d’apprentissage présentielle et à distance. Sauf à intégrer dans la partie distancielle le concept de FOAD, le blended-learning n’est pas une innovation pédagogique.

Les MOOCs, SPOCs et autres acronymes de la même famille sont également autant de nouvelles modalités d’apprentissage. Les contenus didactiques sont cristallisés (modèles non-connectivistes) et ce sont les apprenants qui doivent, là aussi, s’adapter à leurs contenus. Nous sommes toujours la dynamique transmissive et il n’y a là aucune innovation de rupture.

La classe inversée (que je pratique) est une nouvelle organisation des apprentissages. Le fait que les apprenants découvrent par eux-mêmes les aspects théoriques, et que le temps passé en classe soit réservé aux questions portant sur les aspects incompris et aux exercices de mise en œuvre est seulement une inversion des pratiques « classiques ». Cela n’est en aucun cas une « innovation ».

Effectuer des changements de « surface » ne fait pas « l’innovation ». Ou sinon, TOUT deviendrait « innovation » et cela n’aurait alors plus de sens. Le mot « innovation », doit être réservé à des changements profonds, qui font appel à de nouveaux cadres de référence, qui permettent l’émergence de théories totalement nouvelles, qui s’appuient sur des savoirs neufs, originaux et inédits, jusque-là inconnus, et qui vont nous permettre d’aller plus haut, plus loin, plus vite, plus fort, avec moins d’efforts et plus de résultats. L’innovation est le fruit de l’investigation de l’inconnu, que l’on a rendu visible et compréhensible pour le plus grand nombre.

Bibliographie

 

Brigitte Albéro, Monique Linard, Jean-Yves Robin. 2008. Petite fabrique de l’innovation à l’université.Paris : L’Harmattan, collection Logiques sociales.

Bernadette Charlier, Daniel Perraya. 2003. Technologie et innovation en pédagogie. Dispositifs innovants de formation pour l’enseignement supérieur. Bruxelles : De Boeck.

Pierre Devalan . 2006. L’innovation de rupture, clé de la compétitivité. Paris, Lavoisier.

Jean Frayssinhes. 2012. L’apprenant adulte à l’ère du numérique. Paris : L’Harmattan

Alain Jaillet. 2004. L’école à l’ère numérique. Paris : L’Harmattan

Joseph Schumpeter. 1912. Théorie de l’évolution économique.

PEDAGOGIE ET INNOVATION

 

Depuis deux décennies, le terme « innovation » fait flores. De plus en plus de produits ou de techniques se prétendent « innovantes » alors qu’ils ne sont souvent que des gadgets  anecdotiques, d’une importance secondaire, parfois même sans grand intérêt technologique. Dans le domaine de la pédagogie, le terme « innovation », est souvent proféré telle une injonction. Il faut à tout prix innover en pédagogie sous peine d’être has been, totalement ringardisé dans un monde numérique développé ! Ainsi, depuis 2005 on a vu apparaître en région les CARDIE (cellule académique recherche innovation et expérimentation) et au niveau national le DRDIE (Département recherche-développement innovation et expérimentation). L’enseignement supérieur n’est pas en reste, écoles et universités doivent « innover » pour rester dans le peloton de tête des classements internationaux, sans oublier les centres de formation qui veulent se démarquer positivement par rapport à leurs concurrents. Mais de quoi parle-t-on ? Qu’est-ce que l’innovation ? Qu’est-ce qu’innover en pédagogie ?

Innover est un terme polysémique dont il est difficile de s’accorder sur une définition univoque. Nous allons interroger l’innovation sous différents aspects, afin de démêler les fils de cet écheveau dans l’espoir d’y voir plus clair.

Etymologie et définitions

 

Issu du latin innovare « renouveler », de novare « renouveler; inventer, forger; changer, innover ». Innover veut dire : « Introduire du neuf dans quelque chose qui a un caractère bien établi »[1] Il s’agit donc d’ajouter une nouveauté dans quelque chose d’existant, qui a déjà été utilisé, qui a fait ses preuves, qui a montré son intérêt, qui est reconnu comme tel. Ce serait donc une évolution de quelque chose qui existe.

Selon l’observatoire des innovations de la cité des sciences, innover c’est “intégrer le meilleur des connaissances dans un produit ou service créatif qui permet d’aller plus loin dans la satisfaction des individus.” Il ajoute que innover, c'est réussir le pari de lancer de nouveaux produits (l'iPod, la voiture hybride...), de nouveaux services (le Wi-Fi, le paiement par mobile...) ou de nouvelles sources de matière première ou d'énergie (plastiques recyclés, géothermie...)[2]. Nous entrons ici dans une dimension utilitariste où l’on ajoute des connaissances techniques nouvelles à des objets ou produits afin d’obtenir une plus grande satisfaction de ses utilisateurs.

Ils indiquent en outre qu’il peut s’agir aussi de nouveaux modes d'organisation (le flux tendu...), de nouvelles méthodes (la vente en ligne...) et procédés (la cuisson sous vide...). Ainsi, innover c’est refaire du neuf avec du « vieux » qui a été amélioré (l’Ipod par rapport au portable), revu et corrigé (la voiture hybride moins vorace en carburant, le paiement par mobile au lieu du lecteur de carte), réutilisé (plastiques recyclés plus économiques, géothermie plus écologique etc..). Dans ces exemples, il s’agirait d’innovations incrémentales qui ne bouleversent pas l’existant ni les conditions d'usage, en apportant une simple amélioration, une meilleure utilisabilité, comme la 4G par rapport à la 3G pour le téléphone portable (ibid.), ou le four à micro-ondes par rapport au four traditionnel.

A l’autre bout du spectre, on distingue les innovations de rupture, qui font table rase de l’existant pour le remplacer par quelque chose de totalement inédit, qui modifie profondément les conditions de vie des individus, et/ou qui s'accompagne d'un bouleversement technologique avec une influence sur les modalités d’utilisation. Exemple, le passage de la Cassette VHS au DVD.(ibid.)

Toujours d’après la cité des sciences, l'innovation se distingue de l'invention ou de la découverte en ce sens qu'elle suppose un processus de mise en pratique, aboutissant à une utilisation effective. Ainsi donc, une « invention » qui est suivie d’un processus de fabrication pour satisfaire les besoins de la clientèle d’un marché ciblé, et qui débouche sur son utilisation, est qualifiée « d’invention ». En revanche, une « invention » qui ne trouve pas son marché, et qui donc ne sera ni fabriquée, ni commercialisée, et donc pas utilisée, n’est pas le statut « d’innovation » mais seulement « d’invention ».

Interrogation Economique

 

A l’origine, l'innovation est un concept économique qui recouvre l'ensemble des activités micro-économiques marchandes des entreprises de production, de prestations de service et de distribution dédiées à la mise sur le marché mondial de nouveautés, de produits et de services nouveaux ou significativement améliorés, offrant ainsi une meilleure efficacité et une plus grande efficience. C’est Schumpeter (1912) qui le premier y fit référence. Pour cet auteur l’innovation est au cœur de la dynamique du capitalisme car elle est le moteur de la croissance économique. Mais pour lui, une innovation va bien au-delà du simple aspect technique.

 

Il classe les innovations sous deux formes :

1/ Les innovations radicales, c’est-à-dire décisives, majeures, source de révolution industrielles qui vont permettre à toute une foule d'innovations incrémentales (secondaires, mineures) d’exister,

            2/ Les innovations incrémentales par contre sont micro-économiques (mécanisation de l’industrie textile, téléviseurs…) améliorent la productivité entre deux cycles, permettent d’élargir la gamme des produits proposés ou portent sur des biens intermédiaires.


Il distingue en outre cinq types d’innovations:

- procédés de fabrication nouveaux : Nouvelles méthodes de production ou de transport

- innovations de produits : Autrement dit des produits nouveaux qui accroissent la diversité et se traduisent par une amélioration qualitative.

- innovations dans l’organisation : L’invention de la société anonyme ou du trust, le monopole.

- innovations de marchés : Nouvelles méthodes de commercialisation et de distribution.

- innovations dans les sources d’approvisionnement des matières premières ou d’énergies : pétrole, uranium

Ainsi donc, deux tendances émergent dans le domaine de l’innovation. La première tendance envisage l’innovation sous une forme mineure : l’incrémentale, la seconde sous une forme majeure : dite radicale ou de rupture.

Selon nous, les innovations incrémentales représentent la majorité des innovations dont les univers médiatiques se font l’écho au quotidien, et ne sont souvent que des pseudos innovations, c’est-à-dire des améliorations d’un existant déjà connu. Cela est dû à la courbe de vie des produits qui est tellement courte, car l’offre est très supérieure à la demande, qu’il faut impérativement proposer des nouveautés aux consommateurs. C’est vital pour les entreprises.

Dans ce cas-là, l’innovation se réduit à la diffusion commerciale des inventions.


La seule « vraie » innovation, concerne l’innovation de rupture, qui peut avoir une incidence macro-économique dès lors qu’elle rencontre son marché. « L’innovation de rupture devient la clé de la compétitivité » (Devalan, 2006). Ainsi, il devient indispensable de remplacer l’innovation incrémentale, qui, à l’heure des bouleversements technologiques du 21ème siècle, donne à penser que Tout est innovation, par de l’innovation radicale, qui remet en cause les acquis. L’innovation radicale caractérisée par une augmentation de la complexité et de l’incertitude, implique :

- La création de nouveaux dispositifs socio-organisationnels, tels que des réseaux ;

- L’élargissement du concept de projet au concept d’activité à projet, de portefeuille de projets

- L’adaptation de systèmes de management de projet « ad hoc » ou « contingents » ;

- La rupture avec des modes d’évaluation classique.

Les seules « vraies » innovations ne concernent que celles qui sont en totale rupture avec l’existant, qui changent totalement notre paradigme de pensée et d’action. L’aéronautique a été une véritable innovation de rupture par rapport aux modes de transports terrestres qui étaient les seuls existants (chemin de fer, automobile). Pour nous, « innover » veut dire changer radicalement de paradigme, en sortant de ce qui est connu pour investiguer l’inconnu et le rendre possible et accessible. L’innovation radicale demande la création d’un ensemble de caractéristiques inusités et de compétences à acquérir pour que cela fonctionne (ex :Les centrales nucléaires).

Innovation et Education

 

Qu’en est-il dans le milieu de l’éducation ? “ Pour Philippe Mérieux, « Innover, c'est inventer des modèles et des outils pour résoudre des problèmes qui émergent dans une ambition éducative »[3]. Pour lui, innover nécessite d’avoir une ambition éducative, et l'innovation naît de l'émergence des difficultés rencontrées qui sont extériorisées en tant qu’obstacles. Cela devient un problème qui devra trouver une solution. Enfin, pour Philippe Mérieux, « il n’y a pas d’innovation véritable sans invention de modèles et d’outils ; et cette d’invention suppose la reconnaissance des contradictions fondatrices de l'acte éducatif. » (Ex : principe d’homogénéité/d’hétérogénéité, principe d’éducabilité/liberté, etc) (ibid.). On ne fait pas ici une différenciation entre les innovations mineures (incrémentales) et majeures (de rupture). L’innovation pédagogique doit consister à créer de nouveaux modèles pédagogiques afin de résoudre des problèmes rencontrés pour atteindre l’ambition éducative que l’on s’est fixé.

LE PLAISIR ET L'APPRENTISSAGE - Posté à 18:30 le 26/9/2012 par Frayssinhes sur Sciences

1/Qu'est-ce que le plaisir ?

Nos vrais plaisirs consistent dans le libre usage de nous-mêmes.  (Georges Buffon)


Si l’on en croit le dictionnaire[1], le plaisir est un « état affectif agréable, durable, que procure la satisfaction d'un besoin, d'un désir ou l'accomplissement d'une activité gratifiante ». L’être vivant est selon Maslow[2], un être de besoins non encore assouvis qu’il cherche à satisfaire de façon successive[3]. Ainsi, le plaisir est le nom générique donné à la satisfaction d’un besoin physique, affectif ou intellectuel ou encore de l’exercice agréable d’une fonction vitale, comme manger. L’affliction, l’amertume ou l’ascèse, en sont les antonymes qui offrent un malaise, un mécontentement, ou un désagrément. Le plaisir a de nombreux synonymes : joie, bonheur, délice, volupté, mots qui désignent des différences plus ou moins subtiles de l’expérience de satisfaction d’un besoin.


2/Que nous révèle le plaisir ?

 

Nous avons la révélation du plaisir, lorsqu’un besoin, supposé ou réel est comblé, c’est-à-dire lorsque nous avons obtenu satisfaction dans la plénitude de sa réalisation. La graduation du plaisir est plus ou moins importante, selon l’importance du besoin non encore assouvi, et l’intensité de sa réalisation. Le plaisir est un état du moi qui est fugace, c’est-à-dire qui est changeant, fragile et éphémère. Il tend généralement à disparaitre dès que le besoin a été satisfait.


3/Variations philosophiques et psychanalytiques du plaisir

« L’homme est né pour le plaisir : il le sent, il n’en faut point d’autre preuve. Il suit donc sa raison en se donnant au plaisir. » Pascal


Chez Platon[4], le plaisir est défini comme la réponse à un manque. Le désir est vécu comme un vide à combler, dont la réalisation se caractérise par un assouvissement appelé plaisir. Socrate, montre à travers l’exemple concret d’une chaîne qui le démange, que le plaisir est intimement lié à son contraire : la douleur. Ainsi, le plaisir de se gratter la jambe se transforme dans une vision paroxysmique à la douleur. Epicure va définir précisément le plaisir comme l’absence de trouble, l’ataraxie[5], refusant ainsi l’idée positive du plaisir. L’épicurisme bien compris est donc tout sauf un hédonisme. Comme repas, Epicure se contentait d’un simple morceau de pain rassis et d’un bol de lait caillé. Par ailleurs, il estimait que le plaisir sexuel, bien que naturel, n’était pas indispensable au bonheur humain. Du point de vue d’Epicure, le plaisir serait avant tout la capacité à vivre dans l’instant présent en cueillant le jour ici et maintenant (carpe diem, hic et nunc).


Freud[6] définit le plaisir comme l’état de détente faisant suite à la décharge d’une tension. Cette définition très « mécaniste » du plaisir est surtout valable pour le plaisir sexuel que Freud érigea en  plaisir suprême. Le plaisir sexuel est intimement lié à l’intensité du désir qui est assouvi. Plus le désir sexuel est « insoutenable », plus la jouissance sexuelle est intense. Mais plus la jouissance sexuelle est intense, plus la frustration qui s’en suit est jugée douloureuse par Freud, d’où son pessimisme fondamental. Valable pour le sexe, la définition de Freud peut selon nous s’appliquer à la plupart des autres plaisirs, qu’ils soient physiques ou intellectuel. Ainsi, le plaisir de la table qui permet d’atteindre cette félicité à la fin du repas, après la tension du plaisir de manger les mets les plus raffinés


La question « qu’est-ce que le désir », conduit nécessairement à une aporie car il est difficile d’avoir une définition objective à un terme aussi subjectif que le plaisir. Le personnage sadien trouve son plaisir dans la douleur qu’il inflige à autrui. Sacher-Masoch[7] trouve son plaisir dans l’humiliation que lui inflige la belle femme désirée. Freud a un peu rapidement évoqué la pathologie du « sado- masochisme » en associant les deux auteurs maudits, car d’après Deleuze[8], la logique sadienne n’a rien de commun avec la logique « masochienne » ; le plaisir de souffrir n’étant pas le symétrique du plaisir de faire souffrir.


Pour Aristote, nous jouissons quand notre activité se déploie librement, et nous souffrons quand elle est comprimée[9]. Où trouver en effet une cause de plaisir, sinon dans la liberté? Le plaisir de l'être c'est son action propre. Cette théorie peut expliquer de nombreux faits : les exercices musculaires, les couleurs brillantes, les études, les plaisirs intellectuels nous plaisent parce que nos divers modes d'activité peuvent s’y exercer. La libre activité devient ainsi la principale cause du plaisir.


4/ Plaisir et apprentissage

Des caractérisations précédentes, nous pouvons déduire que pour apprendre avec plaisir, et ainsi décupler notre efficience, il serait nécessaire de :

  • ·         Se former dans un contexte non formel où les activités s’effectueraient en toute liberté de choix et d’action, sans entrave. (quoi ; quand et où on le souhaite…)
  • ·         Multiplier les modes d’apprentissage à l’aide d’outils différenciés (auto-apprentissage, collaboratif, synchronisme, asynchronisme, chat,  blog, vidéos, etc…)
  • ·         Susciter le désir en réalisant des activités d’apprentissage gratifiantes, valorisantes, stimulantes,
  • ·         Rechercher et obtenir du plaisir grâce à l’entretien et au développement de la motivation intrinsèque de l’individu, extrinsèque grâce à l’apprentissage collaboratif,
  • ·         Mettre en tension l’apprenant et la maintenir de façon itérative, afin qu’il atteigne au final le plaisir de la réussite.


     Ce sont les axes de recherche que vont prendre maintenant nos travaux.

c4



[1] Cf Centre National de Recherche Textuelle, ressource en ligne consulté le 26/09/2012.

[2] Abraham Maslow 2008. « Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité » Paris :Éditions d'Organisation.

[3] Cf à la pyramide de Maslow

[4]  La Vénus à la fourrure : et autres nouvelles, prés. Daniel Leuwers. Paris : Presses Pocket.1985

[5] Calme, indifférence, impassibilité.

[6] Cf. Au-delà du principe de plaisir ( Cf Jean-Luc Berlet)

[7] Le masochisme fut forgé par Richard von Krafft-Ebing en 1886 et Sacher-Masoch s'éleva contre l'utilisation de son nom pour désigner une perversion.

[8] Gilles Deleuze. 1967. Présentation de Sacher-Masoch avec le texte intégral de « La Vénus à la fourrure ». Paris : Les Éditions de Minuit

[9] Aristote. Morale à Nicomaque, Livre X. (Idem Cf Jean-Luc Berlet)

 

FOAD et conduite du changement - Posté à 16:05 le 10/1/2012 par Frayssinhes

La FOAD peut-elle impulser et participer à la conduite du changement ?

Introduction
Depuis la nuit des temps la vie n’a cessée de changer, d’évoluer, et les individus ont eu la nécessité de s’adapter perpétuellement à ces changements. Mais pendant des millénaires, ces évolutions furent lentes, non violentes, offrant aux individus et aux organisations une progressive adaptation aux changements survenus.
Au 21ème siècle, il n’en est rien. Les développements techniques et technologiques brutaux, ont accrus les échanges commerciaux, ont permis un fort accroissement des flux migratoires, permettant les échanges humains, le brassage des races, lissant les différences culturelles, et débouchant sur la naissance du « village global ».
Nous allons tenter d’expliquer en quoi la FOAD peut participer à la régulation de cette explosion sociétale dont les bouleversements ne cessent de se multiplier et de s’accélérer, laissant peu de temps aux individus de s’adapter à chacune de ces transformations brutales.

1/ La mondialisation
La mondialisation est un concept très ancien, mais le terme n’est apparu pour la première fois qu’en 1959 dans le journal anglais « The Economist ». Longtemps cantonné au champ académique, il se généralise au cours des années 1980/90, influencé par les thèses d'émergence d'un « village global » portées par le philosophe Marshall McLuhan, avec le soutien des mouvements antimondialistes et altermondialistes, qui, par leur dénomination même, attirent l'attention du public sur son ampleur. Parallèlement, l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne signifie l’avènement des doctrines libérales, avec une unification des modèles économiques. La chute du mur de Berlin accentuera cette unification économique qui gagnera progressivement les pays de l’Est. Ce terme n’entra dans notre quotidien que dans les années post 90 et désigna l'expansion et l'harmonisation des liens d'interdépendance entre les nations, les activités humaines et les systèmes politiques qui s’y rattachent et ce à l'échelle de la planète. Chaque phase de mondialisation révolutionne notre quotidien : révolution des transports et des moyens de communication, rôle stratégique des innovations (les armes à feu au XVème  siècle, la conteneurisation après la Seconde Guerre mondiale, le Concorde ou les centrales nucléaires en 1970, Internet depuis les années 1990 et les réseaux hauts débits en 2000), rôle essentiel des Etats mais aussi des acteurs privés, du capitalisme marchand à la Renaissance, jusqu’aux firmes internationales avec la mondialisation économique aujourd’hui.

Selon Laurent Carroué , la mondialisation est vue aujourd’hui comme un : « processus géohistorique d’extension progressive du capitalisme à l’échelle planétaire ». Elle est à la fois une idéologie : le libéralisme, une monnaie : le dollar, un outil : le capitalisme, un système politique : la démocratie, une langue : l’anglais. Ce phénomène touche les individus dans toutes les sphères de la vie quotidienne avec des effets et une temporalité propres à chacun. Il évoque aussi les transferts et les échanges internationaux de biens, de main-d'œuvre et de connaissances.
La mondialisation a eu des effets qui ont profondément bouleversés la société, dont la vie quotidienne des individus et des structures organisationnelles. Différents facteurs dont la mondialisation, la concurrence, la demande des clients, engagent aujourd’hui les entreprises dans un continuel mouvement d’adaptation, en vue d’amélioration, tant sur le plan technologique qu’organisationnel et culturel. La mondialisation  impose des changements sociétaux de plus en plus nombreux et qui nécessitent un accompagnement en vue de leur réussite. Les réorganisations structurelles deviennent impératives et leurs mises en œuvre stratégiques, impactent des populations multi-variées et des organisations de plus en plus complexes.

2/ La conduite du changement
Lorsqu'il se produit un bouleversement général, c'est comme si la création [ … ] entière avait changé, comme si le monde entier était transformé; on dirait une création nouvelle, un monde nouveau » ( Ibn Khaldun(1), 1978, vol. I, p. 62)). C'est ainsi, qu'en 1377, Ibn Khaldun ( 1332-1406 ), homme politique, savant, et philosophe, ouvre son œuvre maîtresse ( Discours sur l'histoire universelle ( al-Muqaddima)), sur l'essor et la chute de la civilisation. Il reprit en cela, la suggestion du philosophe grec Héraclite ( 535-475 av. J.-C. ) dans cette phrase célèbre : « On ne peut entrer deux fois dans le même fleuve » ( B91 ), le changement fait partie intégrante de la vie et la réaction d'une personne face au changement devrait être de formuler un nouveau paradigme pour lui donner un sens. Le changement est produit par différentes actions qui doivent l'impulser. Selon Renaud Sainsaulieu, l'interprétation sociologique d'une conduite du changement consiste à étudier, pour le piloter, un système social en cours de transformation institutionnelle. Il estime en effet que « les entreprises contemporaines sont  confrontées à de multiples problèmes de peur et de démobilisation des anciens comme des jeunes, tenaillés par l'angoisse du chômage, troublés par le décalage entre la sursélection des diplômes et l'insuffisance d'autonomie, perdus face aux difficultés d'insertion de jeunes, d'handicapés »  (p253). Il ajoute que : « Le management des entreprises doit faire face aux injonctions contradictoires en provenance, d'une part des dirigeants manœuvrant sur la scène du marché et des stratégies financières, et d'autre part des bases professionnelles ou de qualifiés en quête de reconnaissance de solidarité et de sécurité. » (p254). En une dizaine d'années, les pratiques de conduite du changement se sont considérablement développées. De la simple formation des salariés, aux démarches psychosociologiques, les approches pour mener un tel projet sont multiples et la formation sur les réseaux numériques est une alternative pour mettre en place cet accompagnement au sein des entreprises en permettant l'évolution, l'innovation, tout en sollicitant l'adhésion des salariés. L'avènement et le développement du numérique avec la FOAD dans le monde de l'éducation nous semble participer aux changements auquel nous sommes soumis.
-Comment réagir efficacement face aux modifications sans précédent de notre environnement personnel, social, professionnel, politique, économique et financier ?
-Comment conserver son goût de vivre au quotidien, accepter de se remettre en question, envisager une transformation, prendre le risque d’échouer, gagner en réactivité et en performance en tenant compte des évolutions que cela entraine en termes de stratégie, de réglementation et des comportements des marchés ?
De nombreux cabinets se sont positionnés sur ce marché de niche aux espoirs financiers prometteurs, et proposent des séquences d’accompagnement in situ avec ses inévitables séances de formations, supposées aider les managers à passer le cap du changement, et permettre in fine à l’ensemble du personnel de digérer les transformations opérées.
David Autissier et Jean-Michel Moutot(2) , nous proposent la méthodologie suivante pour conduire le changement au sein d’une entreprise.

2.1/ Obtenir l’adhésion

Première étape incontournable, l'adhésion ne se décrète pas, aussi ne s'obtient-elle pas sans informer au préalable les salariés, afin de leur expliquer le bien-fondé des changements envisagés. Elle repose sur la mobilisation de toutes les énergies autour d'un même objectif : transformer l'entreprise pour la rendre meilleure, plus efficiente. Le frein à surmonter ? la résistance au changement. Il faut donc être à l'écoute de chaque salarié, informer en adaptant son discours, pour amener tous les acteurs à prendre en charge leur propre évolution." Mais attention : l'équipe en charge de conduire le changement, "porteuse de messages qui gênent", ajoute Jean-Michel Moutot, a souvent tendance à s'isoler. Au contraire, "elle doit s'intégrer au cœur de l'entreprise, pour être en interaction avec l'ensemble des collaborateurs". L'adhésion s'obtient uniquement de l'intérieur.

2.2/ Être psy
 
Les démarches psychosociologiques privilégient le brainstorming et l'action collective. Elles misent donc sur l'influence mutuelle entre les personnes. "Ces approches comportementales sont à utiliser car elles permettent une meilleure implication des acteurs", explique Jean-Michel Moutot. Il est alors conseillé de "s'appuyer dans un premier temps sur les salariés qui accueillent favorablement le changement". Bref, il faut savoir utiliser le concept viral pour diffuser les nouveaux objectifs et obtenir leurs reconnaissances.

2.3/ Communiquer

Au début du projet, une communication individuelle est menée auprès des managers. "Il s'agit d'un groupe restreint d'interlocuteurs qu'il faut travailler au corps à corps", précise Jean-Michel Moutot. Une fois que ce premier groupe adhère au projet, commence une nouvelle étape charnière qui consiste à faire adhérer l'ensemble des collaborateurs de l'entreprise. "Il faut alors passer à une communication collective qui nécessite des compétences et des méthodes particulières, que les praticiens de la communication individuelle ne possèdent pas toujours." Ainsi donc, il est préférable à cette étape, de passer le relais à de nouveaux acteurs plus expérimentés pour accomplir cette mission délicate, la direction de la communication ou des spécialistes externes.

2.4/ Coordonner les équipes
 
Toute conduite du changement se décompose en une multitude d'initiatives à mener au sein des différents services de l'entreprise. Dans cette optique, il semblerait logique de constituer des groupes de travail indépendants. Mais ce serait une erreur. "Les managers et les collaborateurs seraient alors sollicités à plusieurs reprises et pour les mêmes raisons", explique Jean-Michel Moutot. Pour éviter de semer la confusion, en diffusant des messages contradictoires, il est indispensable de coordonner les différentes équipes qui planchent sur le projet et d'assurer une grande transversalité dans la composition des groupes de travail.

2.5/ Savoir gérer dans le temps


La conduite de changement ne peut pas se limiter à la seule gestion de projet, comme l'ont prouvé les multiples échecs du passé, "notamment parce que cette approche n'intègre pas le risque humain", précise Jean-Michel Moutot. Faute de s'inscrire dans une gestion de projet pure, il est néanmoins vital de formaliser et de planifier des tâches afin de suivre leur exécution et de veiller au respect des coûts et des délais impartis. "Respecter ses engagements auprès des décideurs, des clients et des collaborateurs est essentiel", souligne Frédéric Dussart . Dans la forme, la conduite du changement n'est pas un projet à aborder comme les autres. Dans sa mise en œuvre, elle nécessite encore plus de rigueur qu'un projet standard.

3/ Quel rôle pour la FOAD ?

La conduite du changement puise ses références théoriques à de multiples sources, telles que: l’histoire, la philosophie, la sociologie (du travail, des organisations), l’anthropologie, la psychologie, la pédagogie, les neurosciences. La mise en œuvre du processus du changement peut être supportée par les réseaux numériques de l'entreprise (ex: serveur) en créant un système organisationnel, d'abord vertical pour définir les changements nécessaires par métiers, puis transversal pour définir les aspects collaboratifs inter-services, où chaque groupe pourra se connecter, abonder le système, et faire avancer le processus de changement. La FOAD peut être un vecteur qui facilite le transfert des changements qui doivent être opérés, notamment pour les entreprises qui emploient des salariés externalisés. Le schéma conceptuel procédural reste toutefois à inventer.

(1)Ibn Khaldun. 1978. Discours sur l'histoire universelle ( al-Muqaddima ), traduction V. Monteil, 2e édition, 3 vol., Paris: Sindbad.
 (2) David Autissier & Jean-Michel Moutot. 2003. Pratiques de la conduite du changement , Comment passer du discours à l'action. Paris : Dunod

Revisitons la FOAD - Posté à 12:32 le 30/10/2011 par Frayssinhes sur Sciences


Qu’est-ce que la FOAD 

Le terme de Formation Ouverte et À Distance est apparu pour la première fois en 1991, et il fut utilisé l’année suivante lors d’un appel à projets de la Délégation à la formation professionnelle[1], et depuis lors, sa caractérisation ne cesse d’évoluer. Il nous paraît important de le revisiter à l'aune des pratiques évolutives constatées. Il revêt pour nous trois acceptions complémentaires et indissociables:

            1/un concept : dans le langage de Kant, le concept (Begriff)  exprime toute idée qui est générale et abstraite sans être absolue ; il le défini comme un acte de la conscience qui opère la synthèse du divers des perceptions, et ainsi se trouve susceptible d’évolution car non figée dans une certitude absolue. La FOAD est un concept d’apprentissage en construction, qui fait appel à une modularisation (learning objects)[2] des contenus didactiques, la modélisation des parcours et des activités, la prise en compte des styles cognitifs à l’aide d’une navigation multidimensionnelle, la mise à jour possible des contenus en temps réel, l’ouverture informationnelle avec des liens (URL) vers des bases documentaires extérieures.

            2/un processus : un cheminement, une suite continue de faits, de phénomènes, présentant une certaine unité ou une certaine régularité dans leur déroulement. C’est un ensemble d'opérations successives, organisées en vue d'un résultat déterminé. Ce processus de FOAD permet de progresser avec méthode et organisation dans ses apprentissages en ligne, en se connectant à une plateforme LMS[3] à l’aide de réseaux numériques ou à Internet, hier à l’aide d’un ordinateur, et aujourd’hui à l’aide d’un téléphone, d’un Smartphone, ou d’une tablette numérique.

            3/un dispositif : un ensemble d'éléments agencés en vue d'un but précis. C’est-à-dire un ensemble de mesures pédagogiques et didactiques, un environnement technique et technologique, un accompagnement et un encadrement humain spécifique (tuteur  /médiateur /facilitateur), qui doivent être mis en œuvre en vue d'atteindre un objectif d’apprentissage.

Le modèle pédagogique qui a initié le développement de la FOAD se veut construit autour de l’apprenant, constituant un ’’véritable renversement copernicien’’ du système traditionnel de transmission des savoirs en formation continue (Blandin,1990). A cette époque, la rupture épistémologique avec les cadres habituels de l’enseignement traditionnel paraît évidente. Dans la « formation ouverte[4] », la principale caractéristique est l’accessibilité. Ce terme s’applique aux contenus didactiques de l’apprentissage, à la manière dont ils sont structurés, aux lieux et aux temps de l’apprentissage, aux modes d’enseignement et aux médias qui les supportent, notamment les Technologies de l’Information et de la Communication (TICs).


Le terme « ouverte » indique :

  • une liberté d’accès aux ressources pédagogiques mises à la disposition de l’apprenant,
  • aucune restriction ni condition d’admission pour l’apprenant
  • un itinéraire de formation choisi par l’apprenant
  • une souplesse de formation qui s’adapte à la disponibilité de l’apprenant
  • des rythmes adaptés aux impératifs personnels de l’apprenant
  • la conclusion d’un contrat entre l’institution, le tuteur (formateur) et l’apprenant.

Dans ce nouveau concept de formation ouverte et à distance que l’on ne cesse de forger depuis vingt ans, l’étudiant s’est peu à peu transformé en apprenant numérique. La véritable innovation de la FOAD n’est pas technologique, mais dans l’utilisation que l’on en a. Ce sont les usages qui sont innovants, pas les outils. Or de trop nombreux acteurs se focalisent sur la technologie au détriment de la pédagogie. La FOAD c'est de l'humain avant tout, c'est lui qui fait la différence dans les pratiques quotidiennes. Certes, une plateforme offrant de nombreux services facilitera l'utilisation de la FOAD en la rendant plus efficace, mais n'oublions pas que sa principale caractéristique est d'être centrée sur l'apprenant, et non pas sur les outils.

L'apprentissage des adultes en FOAD - Posté à 12:52 le 5/9/2011 par Frayssinhes sur Sciences

Introduction


Dans un contexte professionnel en perpétuelle mutation, les salariés ont la nécessité de se former régulièrement, et ce quel que soit leur niveau de formation initial. La formation en ligne est une alternative à la formation présentielle. Centrée sur l’apprenant, la FOAD offre : liberté d’accès,  souplesse et flexibilité, rythmes adaptés à chaque apprenant. Nous avons coutume de lire et d’entendre que le taux d’abandon et le taux d’échec des apprenants dans un dispositif de FOAD est supérieur à celui observé dans la formation présentielle. Ces défections ou revers peuvent être la résultante de divers facteurs dont: l'isolement de l'apprenant, un défaut d'ergonomie de l'environnement d’apprentissage (pédagogique, technologique) ou bien le manque d'autonomie de l'apprenant. Pour passer d’un système fondé sur la transmission du savoir (présentiel) à un système fondé sur l’appropriation et la création de connaissances (FOAD), il faut consentir des efforts particuliers, aussi, notre objectif est de découvrir : comment s’y prennent ceux qui vont jusqu’au bout et réussissent leur formation ?

Nous nous appuyons sur notre thèse de doctorat conduite en 2009 et 2010, dont les résultats nous donnent des indications quant aux compétences détenues par les participants adultes qui ont réussi leur formation dans un dispositif de FOAD. Nous avons utilisé deux outils d'analyse des comportements: la grille ISALEM97 pour les styles d'apprentissage, et la grille ALK-I pour la capacité d'auto-apprentissage.


Résultats


Apprendre en ligne demande d’acquérir de nouvelles compétences, afin de savoir gérer des informations, nécessaires à la résolution de nouveaux problèmes. Cela demande de la part de l’apprenant de disposer en amont de certaines compétences, c’est-à-dire d’un ensemble de savoirs :

a) propositionnels (suite de contenus ; savoir que…)

b) procéduraux (procédures nécessaires pour agir ; savoir comment…..)

Mais aussi :

            c) d’aptitudes (culturelles, techniques, interactives, collaboratives …)

            d) d’attitudes (motivation, schémas d’attribution, image de soi-même, conception de l’apprentissage …)

En outre, s’ajoute dans le processus de FOAD, la difficulté de lire un texte sur l’ordinateur, de le comprendre, de le mémoriser, sans compter la distance géographique et pédagogique, avec son cortège de solitude et de doute de l’apprenant devant son ordinateur, qu’il devra apprendre à surmonter.

 

Nous confirmons notre hypothèse de départ et concluons que n’est pas apprenant en FOAD qui veut. La somme des difficultés rencontrées expliquent le taux d’abandon et d’échec important, car tous les apprenants ne disposent pas des compétences individuelles, de  la méthodologie, de l’autonomie, de la motivation, nécessaires pour suivre avec succès une formation en ligne.

Pour une FOAD efficace, il est nécessaire que l’organisation de la formation soit centrée sur l’apprenant, ce qui est le cas dans le concept andragogique, dans la mathétique, et la FOAD, mais il faut également que l’apprenant soit apte à gérer son apprentissage en totale autonomie, en surmontant l’éloignement géographique, la distance pédagogique, l’utilisation de l’ordinateur.

C’est la conjugaison des styles dominants d’une part, et leur capacité à s’auto-apprendre d’autre part, qui a permis à nos participants de réussir leur formation ouverte et à distance. Ils ont chacun leur particularisme, mais ils se retrouvent tous sur des variables particulières qu’ils ont en commun : maîtrise ; organisation ; planification ; métacognition générale ; orientation FOAD. A cela, s’ajoute pour certains d’entre eux le contrôle cognitif qui évite le stress et les conflits. D’autre part, nous avons constaté qu’il existe un complément naturel entre les styles et l’auto-apprentissage. Lorsque le style dominant est très accentué, cela est compensé par une capacité d’auto-apprentissage plutôt moyenne. Lorsque c’est la capacité d’auto-apprentissage qui est très accentuée, cela est au détriment de la force d’affirmation du style dominant. Ainsi, chacun des quatre profils symbolise la possibilité de la réussite d’un apprenant.

            - Les niveaux « élevés » d’auto-apprentissage sont des profils méthodiques. Ils s’appuient sur cette compétence pour compenser leurs niveaux « moyen » obtenus dans la grille ISALEM 97 pour être efficace dans leur apprentissage en ligne.

            - Les niveaux « moyens » d’auto-apprentissage sont des profils intuitifs. Ils compensent ce niveau inférieur aux méthodiques, en obtenant des résultats élevés ou très élevés dans les styles d’apprentissage de la grille ISALEM 97 comme nous avons pu le voir avec l’étude des valeurs de X et de Y.

Ainsi, les points « faibles » des apprenants sont compensés par leurs points « forts ». Les deux outils, grilles de Straka et de Therer, se révèlent tout à fait complémentaires et permettent de comprendre quelle est la somme des compétences qu’il est nécessaire d’obtenir afin d’espérer réussir sa formation en ligne.

En outre, le fait d’avoir une forte orientation FOAD, une appétence pour le « numérique » développe la motivation des apprenants. Cela permet d’être plus efficace dans ses apprentissages en maitrisant d’une manière importante les principales variables qui permettent de réussir sa formation en ligne. Dans une visée praxéologique, nous estimons qu’il serait nécessaire de tester les futurs apprenants numériques afin de les aiguiller au mieux de leurs compétences. De plus, les formateurs pourraient créer des contenus pédagogiques en tenant compte des profils et ainsi,  pourrions nous  limiter les taux d’abandon et d’échecs des adultes en formation ouverte et à distance. C’est tout le sens de ces travaux.

Le Cerveau : Source de l'Intelligence - Posté à 19:22 le 19/11/2008 par Frayssinhes sur Sciences

Le Cerveau : source de l’intelligence

 

Si les Egyptiens anciens (- 2.500 ans av.J.-C) avaient déduits qu’il existait un lien entre une blessure à la tête et une paralysie dans l’hémicorps opposé, il fallut attendre Platon (-427 à -346 av.J.-C) et Hippocrate (- 460 à - 370 av.J.-C) pour commencer à entrevoir son importance lorsqu’ils établirent (thèse céphalo-centriste) que le siège de la pensée, et donc de l’intelligence, se situait dans le cerveau. Cette thèse traversa les siècles et ce n’est qu’au XIX ème siècle  que l’on étudia d’une manière plus approfondie le cerveau. Les neurones avec l’allemand Waldeyer et les synapses avec l’anglais Sherrington sont nommés et forgés. Le vingtième siècle permit l’éclosion de nombreuses découvertes sur les localisations cérébrales et la latéralisation des deux hémisphères du cerveau, sur l’apprentissage, la transmission de l’influx nerveux, les divers changements intervenants dans le système nerveux central au cours de l’apprentissage (Trocmé-Fabre 1995). Mais ce sont les travaux de Roger W. SPERRY (1913-1994), prix Nobel de médecine-physiologie en 1981, qui permirent de révéler l'autonomie fonctionnelle et la spécialisation de nos deux hémisphères cérébraux ainsi que le rôle du corps calleux, sorte de câble nerveux mettant les deux hémisphères en communication, permettant la transmission de la mémoire et de l'apprentissage. Depuis lors, d'autres modèles d'interprétation du cerveau ont vu le jour. "Les deux  hémisphères seraient impliqués dans des fonctions cognitives supérieures, chaque moitié étant spécialisée de manière complémentaire dans un mode particulier d'une grande complexité" (Edwards, 1993)

 

 

Les Intelligences : source de l’apprentissage

 

Qu’appelle-t-on intelligence ? Au sens commun : « faculté de comprendre, de découvrir des relations (de causalité, d’identité etc.) entre les faits et les choses. » (Dictionnaire encyclopédique Hachette 1992). Si cette définition lapidaire nous permet de comprendre à peu près de quoi il s’agit, elle n’explique en rien comment l’intelligence fonctionne ou comment on l’établit. Les tests de QI (Quotient Intellectuel) sont supposés mesurer l’intelligence en la quantifiant, et sont devenus avec Alfred Binet depuis les années 1905, la référence à un savoir ou un savoir-faire donné. Cette approche psychométrique de l’intelligence s’appuie sur l’idée que l’on peut quantifier l’intelligence, à l’aide de tests qui se veulent « objectifs », puis on utilise le concept d’âge mental et d’âge chronologique, et le rapport mathématique des deux, fois 100, permet d’obtenir le QI dont la moyenne s’établit à 100. Cette conception « mécaniste » de l’intelligence est remise en cause par son côté simplificateur depuis une vingtaine d’années par de nombreux chercheurs : psychologues, cognitivistes, neurologues.

 

Intuitivement, nous savons que l’apprentissage nécessite un certain nombre de talents mentaux et de structures générales de l’esprit permettant à l’apprenant de réussir à comprendre, puis à résoudre des problèmes qui s’offrent à lui. Ces talents et structures de l’esprit peuvent s’intituler intelligence au sens générique du terme mais ne peuvent en aucune manière s’y limiter. En effet, selon Howard Gardner1, psychologue cognitiviste et professeur de neurologie à la faculté de médecine de Boston, les formes d’intelligence sont multiples et ne se cantonnent pas à la simple valeur d’un QI, avec lequel on « peut tout au plus prédire ses succès scolaires » (ib.p 15), car des réponses brèves à des questions brèves ne sauraient suffirent à révéler l’intelligence d’un individu. Le Maître boulanger qui a mis dix ans pour apprendre l’art de la fabrication du pain, le compagnon ébéniste qui fait son tour de France pendant quinze ans pour réaliser son Chef-d’œuvre, la fillette qui intègre le Conservatoire de danse à six ans et devient Etoile à vingt deux ans ont tous les trois, atteint un haut niveau de compétences dans des domaines très difficiles. Ils peuvent chacun d’entre eux être considérés comme « intelligent », quelle que soit la définition que l’on donne à ce mot. Selon Gardner, il semble difficile de nier l’existence de plusieurs intelligences relativement indépendantes les unes des autres, qui seraient modelées et combinées par les individus et leur culture. C’est ainsi que, en voulant élargir le champ de la psychologie cognitive et développementale est né chez Gardner, l’idée « d’intelligences multiples » car pour lui, il est nécessaire de remettre en cause les tests d’intelligence qui s’appuient sur deux postulats : 

 

*      L’intelligence peut être mesurée et quantifiée

*      Elle est fixée pour la vie entière

 

Il s’insurge contre cette démarche qui consiste à vouloir déterminer l’intelligence d’une personne en la sortant de son environnement d’apprentissage habituel et en lui faisant faire des tâches nouvelles, qu’elle ne refera peut-être jamais plus.

 

La théorie des intelligences multiples indique qu’il existe de nombreuses façons, pour un individu, d’utiliser ses intelligences. Gardner en distingue 8 principales :

 

*      L’intelligence verbale et linguistique

*      L’intelligence musicale et rythmique

*      L’intelligence corporelle et kinesthésique

*      L’intelligence visuelle et spatiale

*      L’intelligence logique et mathématique

*      L’intelligence interpersonnelle

*      L’intelligence intrapersonnelle

*      L’intelligence naturaliste

 

Mais il note d’autre part, qu’elles ne représentent pas forcément la totalité des capacités humaines. Ainsi, il a étudié la possibilité d’une intelligence spirituelle, morale et existentielle. Il est important de garder à l’esprit que les intelligences définies par Gardner ne sont pas des catégories fixées et mesurables, ce qui conduirait aux mêmes dérives que les tests de QI2 (B. Hourst 2006).

 

Toutes ces notions et interrogations doivent être mises en perspective avec la FOAD de l’e-génération. Ce nouveau concept n’en est qu’aux prémisses des découvertes scientifiques et nous devons savoir comment l’exploiter au mieux, pour le « bien apprendre » des futurs cybers étudiants.

 

 

Jean FRAYSSINHES


 

1 « Les formes de l’intelligence » 1997

2 «  A l’école des intelligences multiples » p 35


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