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PELERINAGE CANTERBURY ROME JERUSALEM

• 31/3/2006 - En ce 31 Mars 2006

 

 

Un chemin de bonheurs, petits et grands !

De générosité. Celle qu’on n’attend pas, ou plus !  Celle que nous sollicitons, à mots couverts, et celle qui s’engouffre sous nos pas et parfois sous nos ponchos ramollis de pluie …

Nous traversons les pays reconstruits après les ravages de la vengeance de la première guerre mondiale. Des stigmates demeurent pourtant entre les croix des valeureux soldats et les églises édifiées en briques qui se désagrègent trop vite. Quelques bribes de conversations amères vite ratissées par des paroles d’espoir que ça ne se renouvelle jamais plus !

Vallons et forêts tracent notre chemin vers les cœurs de cette région Nord de France : chaque petit café est prétexte à rencontres, à anecdotes. Il nous attire pour nous mettre au chaud au cœur de la vie  de ses habitants. Nous y étrennons nos premières questions  de pèlerins « de où ?,  pour/quoi ?, jusqu’où ?, combien de kilomètres ? » …Connaissance réciproque soudée par le même étonnement : une heure ou une minute, c’est toujours de l’émerveillement et de la gentillesse qui s’entrelacent… de nos petites histoires de « pèlerines ».

Ici, on nous offre de dormir (« C’est même bien, vous serez chez vous car je ne suis pas chez moi ce soir, je vous laisse les clés »). Petit – déjeuner croissants le matin suivant avant le départ et quelques pas ensemble pour nous remettre sur la bonne route.

Là, on court après nous pour nous donner quelques chocolats («C’est pas grand-chose, mais c’est  pour la route. Vous direz une prière pour moi à Rome ! »).

Un autre samedi matin alors que chacun disserte sur l’occupation du week-end ou le résultat du dernier match de foot, un Monsieur « Ledieu » (qui a habité le chemin du Paradis) se propose de transmettre les nouvelles aux autres qui n’ont pas Internet…

Parfois, on nous supplie presque d’accepter 3 km en voiture (« Ca vous rapprochera un peu » ou « on aura fait un bout avec vous ») …

Et puis il y a l’ ultra discret, en mal de rêves,  qui s’échappe mentalement de derrière son comptoir en nous dirigeant vers la porte - seulement du regard-, au moment ou nous voulons régler l’addition.

Echange de regards plus longs que des discours ….

 

L’amitié jacquaire nous accueille à Saint Quentin : retrouvailles et festin. Esprit de famille. C’est comme si on avait toujours vécu ensemble.

Tout  comme dans ces familles de communautés qui nous ont ouvert leurs portes chaque fois ou qui nous ont conduites vers d’autres lieux : un sourire, un encouragement.  

Les Mairies, les presbytères sont aussi nos ports d’attache : certains « apprennent » de nous ce qu’est la Via Francigena. Tout le monde trouve une solution. Et nous ne sommes jamais un fardeau. Belle générosité et ouverture du cœur de France, malmenée en ce moment nous dit-on …

 

La terre blanche de Champagne nous éblouit presque après celle couleur de sienne . Me voici presque fière d’accueillir Nicole dans « ma » région, sous un climat propice à la marche, même si je n’y suis pour rien ! Le hasard fait que nous y dormons au sud de Châlons, dans une famille acquise à la cause pèlerine : trois jeunes scouts nous font une haie d’honneur à notre arrivée en leur chaude demeure.

 

La voie romaine si populaire  entre en scène : on marche vite … mais on fatigue plus vite ! Alors dans l’aube, une communauté de prêtres s’occupant des 35 paroisses nous fait une petite place dans son presbytère. Nous sommes  choyées  et participons à la célébration de la messe d’un jeune prêtre, la soixantaine (en fait récemment ordonné) qui s’excuse pour ces quelques erreurs au cours de la célébration …. Et nous apprend qu’une petite communauté de religieuses s’est installée à Clairvaux, face à la prison si tristement célèbre, pour accueillir les familles des détenus : » Arrêtez-vous là un moment : elles seront heureuses de vous faire du café ». Ce que nous fîmes… une nuit entière.  

 

La traversée, le lendemain, de l’immense forêt de Chateauvillain, l’une des plus grandes de France, nous a comblées d’aise : 18 km alors que le soleil plus que printanier a dû en étonner plus d’un !

Et c’est là que parfois nous pensons que les traverses sont devenus parfois trop souvent nos …. travers !

 

Les bourrasques et les giboulées des jours suivants n’ont pas entamé notre moral : il y a toujours une âme  qui « passe par là » et nous installe au creux de la béatitude : ainsi Lucie, cette dame amusante de 84 ans qui avait laissé sa porte grande ouverte « au soleil » (il faisait un froid de canard), et que nous avons ressenti comme une invitation. Nous avons déployé notre pique-nique chez elle et échangé durant plus d’une heure. Nous la reverrons toujours nous poursuivre les bras en l’air pour nous dire au revoir le plus longtemps que la petite côte de son chemin le lui a permis…

 

La même chaleur nous attendait quelques jours plus tard : Les Sœurs de la Charité ne pouvaient pas nous recevoir dans leur petit logement social. Mais un coup de fil et dix km plus loin nous étions « comme des châtelaines », installées dans la vie de Eliane et Gérard qui ont redonné âme à un presbytère qui a dû bien en voir passer des archevêques ! Ah, si Histoire de clocher m’était contée …

 

Et puis, La Franche Comté s’offre à nous, belle et généreuse elle aussi. La toute petite commune qui nous en fait l’honneur ouvre sa salle communale pour nous : on n’a jamais si bien dormi !!!

Un grand soleil ravit nos hôtes «  vous avez de la chance aujourd’hui, vous allez en profiter ».

 

Besançon marque le premier tiers de notre voyage. La ville est magnifiquement vêtue de granit rose et gris…

Nous sommes arrivées à bon port. Le Doubs roule et roucoule sous nos fenêtres : 

Les Franciscains ont eu une belle idée de nous suggérer de rendre « visite » à leurs sœurs les Clarisses. Le monastère tout en haut près de la citadelle nous remettra  directement sur le chemin après notre journée de repos.

  

Beaucoup de sourires entendus, presque de l’amitié sur notre passsage et toujours, toujours quelqu’un pour nous renseigner, venu de nulle part, au moment M… Nos anges veillent …..

Nous sommes bénies. Que tous ceux qui nous accompagnent de près, de loin le soient aussi.

 

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• 21/3/2006 - De passage à Nuisement s / Coole

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